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Hier — 20 septembre 2017Vos flux RSS

TuNur : Le soleil de Kébili, courtisé par l’Europe et négligé par la STEG

Par Mhamed Mestiri

Après avoir déposé une demande d’autorisation auprès du ministère de l’Énergie durant le mois de juillet, TunNur Limited a envoyé, jeudi 14 septembre 2017, des experts pour entamer une prospection du sol sur le site de Rejim Maatoug. C’est une étude préalable au démarrage des travaux de construction, prévus pour 2019, d’une méga-centrale solaire dans le gouvernorat de Kebili.

Après l’échec du projet Desertec, voici que les européen tentent à nouveau d’exploiter le soleil du désert africain pour alimenter leurs foyers. La Tunisie représente à cet effet un site stratégique à plusieurs égards. Hormis le fait que sa proximité à l’Europe confère des avantages logistiques, le pays offre bon nombre d’atouts du point de vue de l’infrastructure, de la technicité de l’industrie locale et de son taux d’ensoleillement.

Energie solaire tunisienne, à bas coût, destinée aux européens

TuNur, un consortium regroupant Nur Energie (Grande-Bretagne), Glory Clean Energy (Tunisie), et Zammit Group (Malte), envisage d’investir 5 milliards d’euros dans une méga-centrale d’une capacité de 4,5 Giga Watts (GW), utilisant la technologie du solaire thermique à concentration (CSP). L’électricité produite sera exportée vers l’Europe via des câbles sous-marins à haute-tension, reliant la Tunisie à Malte, à l’Italie et à la France.

nurenergie.com

D’après l’entreprise, l’énergie solaire tunisienne pourrait permettre à TuNur d’alimenter plus de 5 millions de foyers ou 7 millions de voitures électriques à travers l’Europe. Et tout cela à un prix très compétitif, car le cout de l’énergie solaire n’a cessé de baisser ces dernières années. D’ailleurs, le directeur des opérations de TuNur, Daniel Rich a indiqué que « les coûts de production devraient tourner autour de 0,10 dollars le Kwh ». Des études récentes ont même montré que d’ici 2025, le solaire pourrait couter moins cher que le charbon ou le gaz. C’est un argument qui a beaucoup pesé dans le choix des investisseurs. Le PDG de l’entreprise, Kevin Sara, l’a récemment mis en avant : « le site au Sahara reçoit deux fois plus d’énergie solaire que la moyenne européenne, donc, pour le même investissement, nous pouvons produire deux fois plus d’électricité. Dans une économie de l’énergie sans subvention, nous serons un producteur d’électricité à bas coût, même en prenant en compte les coûts de transport».

Pourtant, la STEG investit dans les turbines à gaz

Au moment où l’Europe amorce sa transition énergétique en réduisant sa dépendance et en remplaçant ses centrales à combustibles fossiles par des parcs solaires et éoliens, la Tunisie fait le chemin inverse : les autorités s’entêtent à investir dans les turbines à gaz, peu importe si le pays importe 45% du gaz qu’il consomme. En mai dernier, le gouvernement a même été contraint d’emprunter 160 millions de dollars auprès de la Banque islamique de développement (BID) pour financer l’approvisionnement en gaz naturel de la Société Tunisienne de l’Electricité et du Gaz (STEG).

Bien que la Tunisie dispose de conditions d’ensoleillement optimales (entre 3000 à 3500 heures par an), la capacité installée en photovoltaïque n’a pas dépassé les 5 Méga Watts (MW) en 2014. A ce jour, la contribution des énergies recouvrables (éolienne et solaire) dans la production d’électricité ne dépasse pas 3%. Les objectifs du Plan Solaire Tunisien (PST) sont demeurés chimériques, ils prévoyaient l’installation de 1 GW d’énergies renouvelables (dont 650 MW de solaire) en 2016 et de 4,6 GW à l’horizon 2030.

Au vu du potentiel solaire du pays et des objectifs annoncés, l’absence jusqu’aujourd’hui du moindre chantier de centrale solaire tunisienne demeure énigmatique. Elle incite à questionner l’influence du lobby de l’industrie pétrolière auprès du pouvoir politique. Il y a de claires entraves pour le développement de l’énergie solaire, pendant que les autorités tunisiennes se perdent dans les solutions polluantes comme le gaz de schiste. « Je ne pense pas que les énergies renouvelables puissent pour l’instant nous être d’une grande aide », c’est ce qu’a récemment déclaré Moncef Harrabi, PDG de la STEG. Entretemps, TuNur prévoit d’alimenter plus de 5 millions de foyers européens grâce à l’énergie solaire tunisienne.

À partir d’avant-hierVos flux RSS

Kebili : Une centrale solaire d’une capacité de 4,5 GW pour exporter de l’énergie vers l’Europe

Par WC

Une délégation britannique a visité ce mercredi 13 septembre 2017 le projet de TuNur, dans le gouvernorat de Kébili. Le projet de centrale solaire d’une capacité de 4,5 gigawatts (GW) s’étendra sur une superficie de 25.000 hectares. Les analyses du sol et l’étude de l’endroit commencent à partir de demain

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Dhéhiba : Projet pilote de pompage d’eau à l’énergie solaire pour la production d’huile d’olive bio

Par Raja Bessais

Un projet pilote de pompage d’eau à l’énergie solaire pour la production d’huile d’olive biologique réalisé à Dhéhiba a été inauguré, samedi 9 septembre 2017.

Le projet permet à onze exploitants agricoles de pomper l’eau des puits en utilisant l’énergie solaire pour l’irrigation des oliveraies. Le coût global est de 232.000 dinars dont 160.000 financés par le Centre international de développement pour la gouvernance locale (CILG) et le reste par l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME).

Ce projet inclusif a été réalisé en collaboration avec les agriculteurs, la municipalité de Dhéhiba, le Commissariat régional au développement agricole, le programme de partenariat arabo-danois, la Fédération nationale des villes tunisiennes et le ministère des Affaires locales.

Dans une déclaration à l’agence TAP, la directrice générale du CILG, Neila Akremi, s’est félicitée de ce projet qui valorise la ville de Dhéhiba soulignant la volonté du centre de poursuivre la coopération bilatérale pour développer une agriculture intégrée.

Pour sa part, le représentant de la commune de Dhéhiba, Imed Meliane, a annoncé qu’un système d’information géographique sera mis en œuvre en partenariat avec le Centre international de développement pour la gouvernance locale moyennant 100 mille dinars.

Ce projet devra favoriser la fixation de la population locale à travers la création d’emplois et la promotion du développement global.

TuNur Limited réactiverait son mégaprojet d’énergie solaire en Tunisie pour l’Europe

Par Talel

4,5 GW, c’est le mégaprojet que veut réaliser, en Tunisie, l’entreprise privée, TuNur Limited. Si l’on en croit le site web algérien tsa-algerie.com, citant lui-même des journaux tunisiens, dont l’Economiste maghrébin, la société aurait déjà déposé en ce sens une demande d’autorisation auprès du ministère des Mines, de l’Énergie et des Énergies renouvelables. Et logiquement, ledit mégaprojet solaire serait implanté en plein désert, à proximité de Réjim Maatoug, dans le sud-ouest du pays, avec la création de plus de 20.000 emplois directs et indirects en Tunisie.

Lire aussi : Produire de l’électricité solaire en Tunisie pour éclairer l’Europe

TuNur Limited assure que ce projet permettra de “fournir de l’électricité décarbonée au marché européen“. Pour ce faire, l’entreprise indique que «le premier câble sous-marin, d’un coût d’environ 1,6 milliard d’euros, reliera la Tunisie à Malte pour le transfert de 250 à 500 Mw d’énergie solaire. Le second câble reliera la Tunisie au centre de l’Italie en passant par Rome pour un transfert de 2000 Mw d’énergie solaire. Enfin, un troisième câble atteindra le sud de la France, probablement Marseille, pour transférer plus de 2000 Mw».

Lire aussi : Tunisie/Energies renouvelables : Le projet de TUNUR verra-t-il le jour?

Le PDG de TuNur Limited, dont les activités s’étendent en France, Italie et Grèce, a mis en avant l’intérêt économique et environnemental de ce projet en spécifiant qu’un site implanté au Sahara recevait deux fois plus d’énergie solaire comparé aux sites d’Europe centrale».

Lire aussi : Tunisie – Régions – Kebili : Explications sur le retard du projet TUNUR

Cité par nos confrères de l’Economiste maghrébin, un responsable de TuNur Limited a déclaré «ce projet apporte le développement économique nécessaire à notre région et à notre communauté; il donne une vraie valeur à des terres quasi-désertiques».

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Kébili : Un méga projet de production et d’exportation d’électricité solaire vers l’Europe

Par IB

TuNur Limited a déposé une demande d’autorisation auprès du ministère Tunisien de l’Énergie, des Mines et des Énergies Renouvelables pour un projet d’exportation d’électricité solaire de 4,5 GW. Le complexe solaire sera établi dans le désert du Sahara dans l’ouest de la Tunisie, près de Réjim Maâtoug, gouvernorat de Kébili,

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Tozeur : Démarrage des travaux de la première station solaire photovoltaïque en Tunisie

Par MKJ

Les travaux de construction d’une station solaire photovoltaïque de 10 mégawatts dans le gouvernorat de Tozeur ont démarré lundi 24 juillet 2017.  Cette station qui sera raccordée au réseau électrique en mai 2018, est la première du genre en Tunisie. Et c’est la Banque allemande de développement qui a financé

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Tunisie : Le projet de l’usine photovoltaïque de Tozeur financé par la Banque allemande de développement

Par Imene Boudali

La Banque allemande de développement (KfW) a accepté de fournir à la société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) 12,5 millions d’euros dans le cadre du projet de l’usine photovoltaïque, qui sera bâtie à Tozeur, dans le désert. Dans un communiqué relayé par le magazine pv, le KfW a déclaré

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L’énergie solaire, l’alternative idoine pour changer de modèle de développement

Par Talel

Accroître rapidement la production de l’énergie solaire dans le cadre d’une stratégie volontariste, visant à changer complètement de modèle de développement, aux fins de trouver une nouvelle source d’énergie gratuite et inépuisable pour dessaler l’eau et en finir une fois pour toute avec le déficit hydrique en Tunisie, est l’une des thèses ardemment défendues par le macro-économiste tunisien Mohamed Cheikhalifa, au moment où l’Etat a engagé une étude d’opportunité pour explorer le gaz de schiste pour un coût de 2 millions de dinars.

Dans une interview accordée à l’agence TAP, il n’y a pas si longtemps, ce chantre des énergies renouvelables plaide pour l’exploitation de l’énergie solaire (dessalement de l’eau de mer) dans le développement d’une culture irriguée à fort rendement notamment, pour booster la production de l’huile d’olive, en irrigué et partant les exportations de ce produit phare capable de rapporter des recettes en devises considérables pour le pays.

Il importe de rappeler que les départements ministériels de l’Energie et de l’Environnement ont, récemment, engagé une étude d’opportunité pour explorer le gaz de schiste. Ce dernier est extrait de la roche mère à plus de 3 km de profondeur dans le sous-sol, grâce à une technologie dite fracturation hydraulique, qui en plus de son coût faramineux, nécessite l’injection, pour chaque forage, de plus de 20 000 m3/an d’eau mixée avec des produits chimiques, polluant ainsi la nappe phréatique et hypothéquant l’avenir des générations futures.

Cette fracturation hydraulique génère le rejet de près de 750 produits chimiques. Selon Frances Libertés.org, 25% des produits qui s’infiltrent dans les nappes phréatiques sont cancérigènes, 37% sont des perturbateurs endocriniens, 40 à 50% pourraient affecter les systèmes nerveux, immunitaire et cardiovasculaire, et plus de 75% les organes sensoriels et le système respiratoire.

Le macro-économiste, également activiste de la société civile, qui maîtrise à merveille l’équation symbiotique entre Eau et Energie solaire, se dit perplexe face à ce recours inconsidéré au fossile non conventionnel, alors que le monde prépare sa mue vers les énergies propres et durables.

Il évoque d’autres alternatives à la portée des pays de “la ceinture solaire” de la région MENA, beaucoup plus écologiques et moins coûteuses, pour régler le problème du déficit énergétique ainsi que celui de “la détresse hydrique” endémique sévissant en Tunisie depuis des lustres ! Interview.

Comment voyez-vous cette décision d’investir 2 milliards dans cette étude d’opportunité pour extraire le gaz de schiste?

Mohamed Cheikhalifa: C’est un choix, le moins qu’on puisse dire, inapproprié, alors que la Tunisie dispose d’un rayonnement solaire de l’ordre de 2000 kWh/an/m², qui ne demandent qu’à être collectés, pour servir à redynamiser une économie exsangue !
De prime abord, il faut savoir une chose: l’énergie fossile est inefficace, à titre d’exemple pour produire de l’électricité il faut user d’au moins 3 unités d’énergie primaire pour obtenir la même unité d’énergie électrique !

Le reste part renflouer les Gaz à Effet de Serre asphyxiant la terre et qui ne cessent de nous polluer la vie : une TEP (tonne équivalent pétrole) génère ainsi 3,2 tonnes équivalent CO2 !

Pour le secteur du transport par exemple, quand vous chargez votre voiture de carburant, seul 25% de la quantité sert à mouvoir la roue. Quant à la voiture électrique, c’est 90% de l’énergie qui assure cette mobilité.

Notre potentiel d’énergie solaire, durable et renouvelable, est de l’ordre de 5 000 TWh/an, pour une consommation électrique, distribué par la STEG, pour 2016, de 15 TWh ! Autant dire un gisement inépuisable.

L’énergie primaire consommée par notre économie peut être facilement remplacée par l’énergie électrique produite par le solaire, le reste est exportable vers les pays de la rive nord de la Méditerranée, dont les besoins énergétiques sont considérables.

Je crois que le choix du solaire n’est pas la panacée pour les politiciens seulement. La société civile a son mot à dire, me semble-t-il ? En effet le recours à l’énergie fossile a fait son temps, il n’est pas une fatalité. D’ailleurs les objectifs de la COP 21, nous assignaient des engagements pratiques et chiffrés pour réduire nos gaz à effet de serre, d’autant plus que le 18 avril, la Terre a franchi sa dernière étape du changement climatique. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les concentrations atmosphériques en dioxyde de carbone ont été mesurées à 410 parties par million (ppm). La situation est grave et il faut penser global et agir local pour sauvegarder notre habitacle commun !

Les autorités énergétiques en Tunisie justifient ce choix par le grand potentiel de gaz de schiste dans le pays, permettant de réaliser l’indépendance énergétique tant espérée. Qu’en pensez-vous et est-ce qu’il n’existe pas d’alternatives, autres que cette ressource controversée?

Le gaz de schiste n’est nullement envisageable ici, c’est même une hérésie dans un pays de la ceinture solaire telle que la Tunisie ! On ne le souhaiterait même pas à nos ennemis, que dire de nos concitoyens et de notre Verte Tunisie ?

En effet, notre déficit énergétique pour 2016, était de 3,7 M de tep, soit 40,7%, dont 2,5 millions de tep environ sont constitués, en partie, par du gaz servant à couvrir notre consommation électrique journalière.

Il est aisément envisageable de se départir définitivement, du fossile par le recours au photovoltaïque. En outre, le coup de grâce lui sera asséné par l’introduction de la Voiture Electrique roulant à 20 kilowatts par heure, (kWh) pour 100 km. Ce véhicule étant alimenté d’électricité PV récoltée sur les toits des automobiles directement.

Je vous rappelle que le rendement moyen annuel d’un Kilowatt crête photovoltaïque (kW c PV) (puissance maximale de production d’un panneau solaire), est de l’ordre de 1700 kWh, il nous faut déployer, d’ici 2020, au moins 4,4 GW c PV, pour éliminer ce poste gaz de nos importations énergétiques (2,5 Milliards de dinars) et réduire notre déficit commercial d’autant et à vie, tout en créant 10 000 emplois directs.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la production classique dans les centrales à combustion nécessite l’utilisation d’eau déminée pure pour y développer de la vapeur, vecteur pour faire tourner les turbines. L’eau ainsi gaspillée, par un pays assoiffé tel que le notre, est estimée à 2 litres par kWh, livré au compteur…ce qui nous amène à sauvegarder 15 millions de m3 d’eau, par an, soit 5% de ce que distribue la SONEDE comme eau potable, pour couvrir les besoins de 125 000 ménages au minimum. Sachant par ailleurs, que les pertes énergétiques lors du transport et de la distribution du réseau STEG, sont de l’ordre de 17%, donc celles subies lors de l’approvisionnement de la périphérie du réseau (régions frontalières) devraient être d’au moins de 50%. C’est pour cela qu’il faut mettre en place un programme spécifique de production de l’énergie solaire, en commençant à partir de nos frontières terrestres, où il y a une forte déperdition d’énergie.

Quid de la question de la pénurie d’eau, comment pensez-vous y remédier à l’aide de l’énergie solaire ?

En effet, en matière de ressources d’eau renouvelable, notre pays, vu son site, est très mal loti. Selon les statistique de la FAO, nous disposons de 410 m3 d’eau par an et par habitant, c’est au-dessous du seuil critique c’est que j’ai appelé “Détresse Hydrique”. Et toujours selon la FAO, il n’y a ni développement durable ni protection de l’environnement quant les ressources hydriques d’un pays sont inférieures à 1000 m3/an/hab.

C’est le constat amer qui prévaut sous nos yeux, n’en déplaise aux politicards de tous bords qui nous racontent des chimères sur leur programme de développement hypothétique et qui ne se concrétiserait jamais sans traiter, de prime abord, le problème du manque d’eau!.

A mon avis, pour relever de nouveau nos ressources hydriques, il faut opter pour le dessalement de l’eau de mer, en ayant recours à l’énergie solaire, afin de les renflouer de 510 m3 /an/hab. C’est un apport de pas moins de 7 km3/an, d’eau de sources non conventionnelles.

Selon une étude de l’Institut Allemand de Thermodynamique (DLR), les pays de la région MENA disposent d’assez d’énergie solaire directe qu’ils peuvent mobiliser pour couvrir leurs besoins en eau, et ce par le biais du dessalement à l’énergie thermique solaire concentrée, sans autres procédé ni ingrédient. Elle évalue même le potentiel de la Tunisie à plus de 80 km3/an d’eau distillée.

Il faut profiter de cette aubaine, surtout que l’injection de 1000 m3 d’eau dans l’agriculture permet la création de 17 journées de travail direct et indirect. Les 7 km3 espérés fourniraient ainsi de l’emploi durable pour 400 000 chômeurs au moins. Cet apport hydrique pourrait métamorphoser notre agriculture.

Quel secteur pourrait bénéficier le plus de cette manne, d’après vous?

Notre oliveraie qui couvre 1,8 million d’hectares et compte 88 millions d’oliviers cultivés à sec, fournie cahin-caha, des rendements de l’ordre de 100 kg/an d’huile à l’hectare, lesquels varient, d’une année à l’autre de +/- 50%. La production de l’eau à partir du dessalement de l’eau de mer, changerait ainsi le paradigme et nous permettrait d’évoluer vers une activité agricole en irriguée à 100 %, avec des rendements similaires à ceux prévalant en Sicile, soit 500 kg/ha/an (+/- 10%).

Notre huile d’olive peut devenir le vecteur porteur de notre économie. Elle peut la structurer de manière durable. De l’huile bio valorisée peut être exportée en ampoule de verre de 5 centilitres, à un Euro pièce tel un “médicaliment”, vers les pays émergents d’Asie et d’ailleurs. En effet, les recettes engrangées par les exportations de l’huile d’olive en 2015 (340 000 tonnes) se sont élevées à la bagatelle de 2 milliards de dinars.

J’estime que l’énergie solaire est l’alternative idoine qui pourrait aider la Tunisie à réaliser son développement durable. C’est une véritable mue qui devrait être engagée pour franchir le seuil de vulnérabilité et assurer une vie digne aux générations futures.

Comme l’a si bien dit le philosophe allemand Nietzsche, lors d’une envolée lyrique de son Zarathoustra: “J’ai appris cela du soleil, quand il descend, lui qui déborde de richesse, alors il déverse l’or dans la mer à profusion, inépuisable; de sorte que le pêcheur le plus pauvre même, rame avec une rame d’or”.

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